Parler d’espaces bleus, ce n’est pas simplement évoquer la présence d’eau. Cela va bien plus loin. Dans les Vaites, il s’agit :
Ces espaces forment une “trame bleue”, désormais centrale dans la planification urbaine, en particulier dans le cadre d’écocités ou d’écoquartiers comme celui des Vaites (Ville de Besançon).
Les Vaites subissent régulièrement de fortes pluies et des ruissellements importants. Selon l’EPAGE Doubs Dessoubre (doubsdessoubre.fr), le secteur a connu plusieurs épisodes de crues éclair en 2002 et 2013, générant des sinistres matériels et une remise en cause de l’imperméabilisation massive des sols. Depuis, l’intégration d’espaces tampon – noues et bassins – est devenue une obligation lors de la création de nouveaux îlots d’habitat.
Les espaces bleus ne servent pas uniquement à drainer ou stocker l’eau. Ils constituent un support vital à la faune et à la flore, comme en témoignent :
Un inventaire réalisé par le Conservatoire Botanique National mettait en avant plus de 82 espèces végétales liées aux zones humides sur le secteur initial, dont 7 espèces patrimoniales.
Chaque étude d’impact sur le projet Vaites, commandée par la Ville de Besançon (2018-2022), souligne le rôle positif de la trame bleue sur :
Plutôt que de définir les espaces naturels après les lotissements, les plans de l’écoquartier ont choisi d’installer la trame bleue en amont, en guidant la construction autour d’elle. Concrètement :
L’accent est mis sur la végétalisation : roseaux, massettes, saules, iris des marais. Ces choix permettent :
En 2023, une enquête municipale donnait une photographie claire (Est Républicain) :
Des associations de pêche (notamment l’AAPPMA de Besançon) proposent des initiations ou des ateliers de sensibilisation autour des mares, surtout sur la faune amphibienne et les insectes aquatiques.
La concertation avec les habitants a permis d’adapter les horaires et parcours des agents d’entretien, tout en limitant les interventions chimiques.
Le cas des Vaites n’est pas isolé. Ailleurs dans le Grand Est, on relève des démarches équivalentes à Dijon (quartier Valmy : 650 m de trame bleue urbaine), ou Nancy (plateau de Haye). L’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée Corse encourage d’ailleurs ces pratiques par un financement spécifique, à hauteur de 700 000 € sur 2020-2023 rien que pour Besançon.
À chaque fois, la clé réside dans la prise en compte anticipée des espaces aquatiques lors de la conception, et non comme un simple “habillage paysager”. Les retours d’expérience pointent l’effet fort sur l’attractivité du quartier : selon le rapport Cerema 2022, les logements en voisinage direct d’une trame bleue présentent une hausse de valeur foncière de 8 à 12 %.
L’intégration des espaces bleus dans l’aménagement des Vaites n’est pas un gadget. Ce sont eux qui garantissent la résilience du quartier face aux changements climatiques, mais aussi sa qualité de vie et son identité. La trame bleue, bien loin d’une simple tuyauterie cachée, remet la nature au centre du projet urbain – en équilibre entre usages humains et préservation des milieux.
Ce modèle évolue avec le temps : ouverture de nouveaux parcours pédestres, surveillance accrue de la qualité de l’eau, expérimentation de berges plus “sauvages” sur certains tronçons. De quoi inspirer les futurs projets urbains autour de Besançon, mais aussi partout où cours d’eau, pêche et vie urbaine veulent cohabiter intelligemment.
Sources : Ville de Besançon, DREAL BFC, EPAGE Doubs Dessoubre, Conservatoire Botanique National, Est Républicain, Cerema, Agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse.