On entend par espaces bleus tout ce qui relève des plans d’eau, rivières, ruisseaux, canaux, bassins, mares… L’écoquartier des Vaites, situé en partie en zone naturelle humide du vallon de la Mouillère, fait de la gestion et de la mise en valeur de ces espaces un socle essentiel (source : Besançon Aménagement). Les Vaites se distinguent sur ce point :
Dans un cadre où l’eau structure physiquement et symboliquement le quartier, la biodiversité devient un indicateur clé de la réussite des aménagements. Les Vaites sont conçues avec des zones humides “tampons”, accueillant batraciens (grenouilles, tritons) et insectes aquatiques (libellules notamment, dont plusieurs espèces patrimoniales recensées par la LPO), refuges pour petits poissons et amphibiens.
Les berges – qu’elles longent un ruisseau naturel ou un bassin – sont pensées dès la conception comme des zones de transition, ni totalement naturelles, ni purement urbaines. Leur configuration joue un rôle clef sur la qualité de l’eau, la diversité spécifique, et l’accessibilité.
Dans ce type d'aménagement, la pêche urbaine y trouve sa place, plus proprement, dans des “fenêtres” de biodiversité, inédites en ville.
La perméabilité des sols conditionne le retour à une hydrologie localement équilibrée. Aux Vaites, la palette des matériaux va bien au-delà du simple béton drainant :
Le choix de la mobilité douce (vélos, cheminements piétons, accès PMR) façonne aussi la relation à l’eau et à la pêche :
Ce mode d’organisation permet, d’après la Fédération de pêche du Doubs, de doubler la clientèle de pêcheur "à vélo" depuis 2019, sans surcharge sur les milieux.
La gestion alternative des eaux pluviales est le pilier technique des Vaites. Ici, il ne s’agit pas seulement d’évacuer l’eau, mais de la gérer sur place, à travers plusieurs étapes :
En découle une stabilisation de la nappe phréatique et une réelle lutte contre l’effet d’îlot de chaleur urbain.
La conception des bâtiments aux Vaites n’est pas une affaire de label mais une réponse directe au cycle urbain de l’eau :
Un écoquartier tel que les Vaites n’existe pas sans implication forte des habitants. Ici, la gouvernance ne se limite pas à la collecte des déchets :
Ce modèle d’urbanisme participatif reste rare en France sur de tels périmètres, la plupart des quartiers récents étant encore gérés en régie ou par des syndics immobiliers déconnectés de l’environnement direct.
L’aboutissement concret de cette vision globale, c’est l’amélioration de l’état écologique des milieux aquatiques :
Ces évolutions montrent qu’un quartier urbain peut offrir des milieux aquatiques de qualité, accessibles, tout en restant vivants, pour les poissons comme pour les riverains.
L’exemple des Vaites interroge : cette manière d’intégrer l’eau et la nature dans la ville, de prévoir l’usage des berges, de travailler la gouvernance citoyenne et la mobilité douce, peut inspirer partout.
Là où les pêcheurs, les riverains et la biodiversité coexistent, la qualité de l’eau s’améliore, tout comme le cadre de vie. C’est un cap que de plus en plus de villes souhaitent suivre, à l’heure où chaque goutte et chaque poisson comptent.
Pour aller plus loin :